Suite à l'article précédent concernant les fibres textiles , faisons le point sur le coton.

Cette fibre extraordinaire pousse directement sur la plante, c'est de la cellulose quasi pure naturelle ! Les pays producteurs l'appelle "l'or blanc"

Le coton est utilisé comme fibre textile depuis plus de 3000 ans av. JC.

La fibre de coton est issu d'un arbuste : le cotonnier. Celui-ci est originaire de l'Inde et pousse seulement dans les pays chaud.

Fleurs de coton


LA CULTURE DU COTON


Malgré sa forte baisse des dernières décennies, le coton reste aujourd'hui la 1ère fibre naturelle d'origine végétale a être cultivée au monde. Très loin devant le lin, le chanvre, ramie, etc (rappelez-vous de mon tableau ;).

Le coton représente en moyenne 1/4 de la production mondiale des fibres textiles. La 1ère étant le polyester...

Au niveau agricole, la culture du coton utilise 2 à 3% de la surface agricole mondiale. Les principaux pays producteurs en 2018 sont :

1/ La Chine

2/ L'inde (en pleine augmentation, la culture du coton y a été multiplié par 3 en 15 ans !)

3/ Les Etats-Unis

La France n'est pas un pays producteur de coton, le climat ne lui convient pas. Ce n'est donc pas une fibre locale.

Les seuls choses que l'on peut faire localement, car ils nous restent des filatures, des tisserands et des entreprises spécialisées en tricotage c'est de... transformer la fibre coton en tissu en France !


LES TRANSFORMATIONS DE LA FIBRE EN FIL DE COTON


Le cotonnier produit une fleur et un fruit en même temps. Ce sont les fibres de coton qui entourent les graines qui sont ensuite récoltées. Autrefois à la main, la récolte est dorénavant mécanisée (surtout aux Etats-Unis). On sépare la fibre de la graine par égrennage mécanique puis la fibre subit un premier battage pour enlever la poussière et pouvoir compacter le coton afin de faciliter le transport.

La fibre est prête à entrer en filature pour suivre les étapes suivantes :

- battage : consiste à retirer les corps étrangers du coton

- cardage : sépare et peigne le coton

- étirage: harmonise l'épaisseur du ruban de carde

- teinture ou blanchiment

- torsion du fil : en fonction de la destinée du fil, différente épaisseur et torsion plus ou moins grande

Après toutes ces étapes, le fil de coton part pour être tissé ou tricoté. Afin de rendre un tissu chaîne et trame ou une maille / jersey.


L'IMPACT ECOLOGIQUE DU COTON


La culture du coton est souvent pointée du doigt pour deux choses : sa consommation excessive d'eau et de pesticides.

En effet, la culture de coton est, comme beaucoup d'autres cultures de plein champs (pommes de terre, maïs, etc), irrigée, afin d'augmenter les rendements et palier aux risques de sécheresse.

Mais ce n'est pas le cas de toutes les cultures cotonnières. 55% seraient irriguées naturellement (eau de pluie ou eau dite "verte") sans besoin d'arrosage, d'après cette source. Les pays pouvant se permettre la technologie de pointe (Etats-Unis...) tentent de diminuer quand à eux la consommation d'eau grâce à des capteurs plus précis des besoins de la plante.

Toutefois, nous avons tous en tête l'assèchement de la mer d'Aral qui est une véritable catastrophe écologique avec la disparition de millions de poissons (28 espèces envolées tout de même) et la création d'un tapis de pesticides avec des conséquences dramatique sur la population Ouzbèque, voir cette source.

Ensuite, la transformation du coton du champs au vêtement consomme également de l'eau. On parle au total, en consommation d'eau pour créer 1 t-shirt, l'équivalent de 70 douches...

La répartition de l'empreinte eau d'un produit transformé en coton est, en moyenne, divisée en 3 parties, l'empreinte eau étant le volume d'eau nécessaire pour la production d'un bien :

- Eau bleue, eau d'irrigation (pompée dans la nappe phréatique ou dans les rivières) pour la culture du coton

- Eau verte : eau de pluie ou eau naturellement dans le sol pour la culture du coton

- Eau grise : eau utilisée pour diluer les engrais, pesticides pour la culture du coton. Ainsi que l'eau utilisée pour la transformation du coton en produit fini (nettoyage, teinture, etc).

Empreinte en eau d'un t-hirt

Le coton est également très gourmand en intrant. Pour le coton conventionnel on ajoute donc pesticides et engrais (le coton bio est quand à lui cultivé sans intrant chimiques).

Le cotonnier étant très sensible aux maladies et aux ravageurs. Sa culture est la plus consommatrice en pesticides au monde.

Ces pesticides ont un impact néfaste directement sur les agriculteurs, sur les sols et l'eau de ruissellement (pollution des eaux souterraines, lacs, rivières) et des conséquences grave sur la santé.

Surtout que dans de nombreux pays producteurs (Inde, Chine, Burkina, etc), certains pesticides autorisés ont été depuis longtemps interdits en Europe à cause de leurs risques prouvés.


LE COTON OGM


Pour pallier à ces problèmes, des solutions ont été recherchées. Monsanto a créé des semences de coton OGM. Le plus utilisé étant le Coton Bt.

Ce coton génétiquement modifié a la capacité de lutter contre les ravageurs en produisant une toxine mortelle pour le ver du cotonnier.

Malheureusement, ce coton OGM montre ses limites :

- Le coton Bt a été développé pour les Etats-Unis et ne s'adapte pas à tous les climats.

- Il est plus gourmand en irrigation.

- Les semences sont vendues très chères et ne sont pas reproductibles.

- Les fibres peuvent avoir une qualité moindre. Le Burkina Faso a abandonné l'utilisation de Coton OGM car leur fibres réputées pour leur longueur, n'avaient plus ses caractéritiques avec le Coton Bt. Le Burkina a vu la valeur de son coton décroître drastiquement !

En Inde où Monsanto a développé le Bt, les suicides d'agriculteurs augmentent dramatiquement. On tente de prouver le lien entre OGM et Coton Bt. Voir cette video.

En 2016, 64% de la suface en coton mondiale était cultivée à base de semences de coton OGM.


LE COTON BIOLOGIQUE


Parlons enfin du coton bio. Une alternative à la culture de coton conventionnelle. Commercialisé depuis la fin des années 80. Il est représenté de plus en plus dans la vente de tissus au mètre (et je m'en réjouis).

Le coton bio est cultivé sans intrants chimiques. C'est à dire sans pesticides ni engrais chimiques. Les semences ne sont pas OGM !

Il peut être soumis à différents labels qui peuvent aller plus ou moins loin dans les aspect environnementaux, éthiques et sociaux.

Voici quelques labels qui intègrent le coton bio :

- GOTS (le plus connu et la référence)

- OCS 100

- Ecolabel EU

Label organic 100 standard


Ne pas confondre Oeko tex et coton bio !

 

 

 

 

 

Vous trouverez un article dédié à tous les labels concernant les produits textiles (prochainement). Attention, le label Oeko-Tex n'a aucune garantie de coton bio dans le tissu ! C'est uniquement un label garantissant que le textile ne comporte pas de substances nocives pour la santé.

Le coton bio, en plus d'avoir un impact moindre sur la pollution des sols et sur la santé, demande une consommation plus faible en eau.

Il est également plus doux, plus souple, plus agréable à porter à travailler en couture que le coton conventionnel.

Le coton biologique représente une infime partie de la surface en coton à l'échelle mondiale. Soit environ 350 000 hectares...

C'est un peu moins de 1% de la surface totale en coton sur la planète. Ce chiffre a malheureusement baissé d'après les dernières analyses de la campagne 2015/16. Mais la conversion des cultures en bio augmente (il faut 3 ans pour passer une terre du conventionnelle au bio et obtenir le label). Source Agence bio.

Pour vous aider à y voir plus clair, je vous propose un tableau comparatif des tissus en coton bio et en coton conventionnel.


COMPARATIF COTON BIO & COTON CONVENTIONNEL

Tableau comparatif coton bio et coton conventionnel

Je résume dans ce tableau ce qui, à mon sens, marque le plus les différences entre coton bio et coton conventionnel. On a tendance à lire énormément de choses sur la culture du coton biologique, qui a un impact nettement moindre sur le climat (voir article résumé source ici).

Nous avons tendance a oublier la différence au niveau du rendu du tissu. Je couds depuis longtemps avec du tissu en coton bio et je remarque une nette différence aussi bien en terme de douceur que de durabilité. Contrairement aux tissus en coton conventionnel, je ne suis jamais déçue.

Ce qui fait pour moi, un argument vraiment très important pour tenter de vous amener à privilégier les tissus en coton bio plutôt qu'en coton conventionnel.

Je n'ai pas parlé de la traçabilité mais c'est également un point important. J'obtiens très peu d'informations sur les lieux de récolte, transformations, teinture des tissus de cotons conventionnels. Pourtant en Bio, j'ai rarement besoin de demander. Le fournisseur met en avant la traçabilité du coton Bio ce qui permet une meilleur visibilité de l'impact sur la consommation energétique du transport des textiles. Et pourquoi pas, de priviliéger ses achats en fonction.

 

Pour aller plus loin, si cela vous intéresse, il existe encore d'autres alternative que l'achat de coton bio seul :

- Le coton recyclé ou mieux de coton bio recyclé

- Le coton bio préteinté, le fruit est déjà teinté (tous les cotons n'étaient pas dans la nature blanc, on recherche aujourd'hui à retrouver des couleurs naturelles de coton pour éviter la teinture)

- Le chanvre, plus écologique que le coton bio. Peut-être cultivé en France. Ou le mélange chanvre-coton bio.

- Le Lin, également plus écologique que le coton bio et cultivé en France. Ou mélange lin-coton bio.

- Le coton bio tissé ou tricoté en France ou en Europe. J'ai peu abordé cet aspect mais la majorité des tissus sont aujourd'hui transformés dans des pays lointains (Chine majoritairement). Relocaliser permet de s'assurer des bonnes pratiques éthiques & environnementales de la production tout en participant à la sauvegarde d'un savoir-faire ancien. Bien-sûr, cela ajoute un surcoût supplémentaire important.

Retrouvez tous nos tissus en coton de chanvre, lin et coton bio sur cette page. Nous privilégions les transformations locales.